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Pour une rentrée combative

Communiqué de presse du SNUEP-FSU, Paris, le 9 juillet

Face à la réforme dangereuse de Blanquer : le SNUEP-FSU appelle à une rentrée offensive et engagée

Le bureau national du SNUEP-FSU, réuni le 5 juillet, dénonce avec force les grands axes de la réforme de la voie professionnelle arbitrés par le ministère. Cette réforme organise le transfert des contenus d’enseignement et des diplômes aux branches professionnelles poursuivant une fonction utilitariste des savoirs au détriment d’une formation équilibrée et complète. La réduction des temps d’enseignements généraux engendrera des difficultés accrues pour tous les jeunes ; et plus particulièrement pour celles et ceux qui choisiront de poursuivre leurs études dans le supérieur. La spécialisation a un métier, repoussée en 1ère, impliquera une véritable déprofessionnalisation de la formation. Le baccalauréat professionnel se préparera ainsi en 2 ans au lieu de 3 actuellement. La réduction drastique du nombre de places en bac pro GA, sans création compensatoire dans des filières existantes ou nouvelles, va s’opérer sans qu’aucune mesure ne soit déployée pour les collègues concerné·es. L’implantation d’unités de formation par l’apprentissage (UFA) dans tous les établissements aura des répercussions immédiates sur les conditions de travail des personnels car mixer les publics et les parcours génère des organisations pédagogiques intenables. Et nos statuts, qui garantissent nos droits et nos missions d’intérêt général, en seront fortement fragilisés.
Au mépris de l’expertise, de l’expérience, de l’investissement sans faille au quotidien des PLP, le ministère fait donc le choix de répondre aux exigences des organisations patronales, MEDEF en tête, et à leur vision passéiste de la formation initiale. Ce sont des générations complètes de jeunes qu’ils vont sacrifier et précariser encore plus.

Dans ce cadre de casse organisée de la formation professionnelle scolaire, le SNUEP-FSU appelle tous les personnels à participer massivement à toutes les réunions d’information, stages, colloques… qu’il organisera sur l’ensemble du territoire. Il appelle notamment les militant·es à organiser des heures d’information syndicale le 18 septembre dans tous les établissements pour échanger et construire avec la profession des propositions et une mobilisation forte contre ce projet. Pour le SNUEP-FSU, cette réforme est sérieuse et dangereuse pour l’ensemble des jeunes et pour les personnels. Il appelle à une rentrée offensive et engagée.

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Suite aux réunions resserrées entre mi-septembre et mi-octobre sur l’accès au premier cycle universitaire, le gouvernement a formulé début novembre un “Plan Étudiants”. Conformément à ce que le SNUEP-FSU pressentait au regard du délai et du format choisi pour cette “concertation”, ce plan se révèle sans surprise et ne répond en rien aux attentes et aux besoins des bachelier-es professionnel-les ou des PLP. Le sous investissement dans l’enseignement supérieur et la sélection sont de mises.

Le « Plan Étudiants » supprime la libre inscription des bachelier-es dans l’établissement de leur choix et l’interdiction de sélectionner. Il s’agit de généraliser le principe de capacités d’accueil limitées pour les formations de 1er cycle. C’est-à-dire la possibilité de sélectionner les bachelier-es ou de conditionner l’accès à une formation à l’inscription dans un parcours spécifique ou dans un dispositif d’accompagnement pédagogique. Or les propositions d’année propédeutique ou de remise à niveau à l’aide de MOOC ne sont pas adaptées aux bachelier-es considéré-es comme ayant un niveau de connaissances fragiles pour la filière.

Le plan instaure l’obligation d’informer les jeunes sur les attendus (pré-requis…), la réussite et l’insertion des diplômé-es de la filière de leur choix. Ainsi, l’idée générale est de dissuader les élèves issu-es de la Voie Professionnelle d’accéder à autre chose qu’une section de technicien supérieur. Si d’une part les MOOC ne sont pas adaptés aux bachelier-es professionnel-les et ne favorisent en rien l’apprentissage des savoirs, il faut reconnaître également que la réinstauration de parcours en 4 ans vers le bac pro serait de nature à éviter à nos élèves de devoir “rattraper” l’année perdue… en post-bac !

Ce qui doit changer dans nos établissements dès décembre 2017
  • Organisation de 2 semaines de l’orientation : la première en décembre, l’autre en mars.
  • Désignation d’un-e second-e professeur-e principal-e en terminale pour coordonner en binôme l’accompagnement des lycéen-nes et de préparer une synthèse pour le conseil de classe.
  • Si absence de volontaire pour être second-e professeur-e principal-e : du tutorat pourra être mis en place, rémunéré en IMP, avec les enseignant-es volontaires.
  • Les élèves devront émettre 10 vœux non classés.
  • Le conseil de classe du 1er trimestre devra émettre un éclairage sur les vœux des élèves.
  • Le conseil de classe du 2ème trimestre devra émettre un avis officiel.
Les recommandations du SNUEP-FSU

Aucune consigne précise n’a été donnée quant à l’organisation des semaines de l’orientation. Du fait des CCF et des PFMP, elles seront difficiles à mettre en place dans la voie professionnelle. Il n’est pas nécessaire de se surinvestir dans ces semaines !

Le SNUEP-FSU est intervenu auprès du ministère pour rappeler que les conseils de classe de terminale en LP sont souvent semestriels : le ministère doit inscrire dans son vadémécum (guide de mise en œuvre à destination des proviseur-es) de ne pas ajouter de réunions supplémentaires : le conseil de classe de janvier émettra les avis.

La fonction de 2nd-e professeur-e prinicpal-e ne peut être imposée ! Le volontariat reste de mise. La fonction de professeur-e principal-e

Il est extrêmement important de faire remonter toutes les difficultés induites par ce plan à correspondants locaux ou académiques du SNUEP-FSU.

Les 2 semaines de l’orientation

L’aménagement de 2 semaines consacrées à l’orientation risque fort d’empiéter une fois de plus sur le temps d’enseignement, quand bien même il s’agirait de mobiliser les heures d’Accompagnement Personnalisé, déjà censées permettre de régler l’ensemble des problèmes qui n’ont pas trouvé de solution ailleurs (hétérogénéité du public, recherche de PFMP, etc.). Au regard du manque de consignes claires, des difficultés d’organisation et du caractère non obligatoire (absence de circulaire…) le SNUEP-FSU encourage les personnels à ne pas surinvestir ces semaines et à remonter aux militant-es SNUEP-FSU toutes les pressions des équipes de direction ou d’inspection.

Les avis des conseils de classe

Emettre un avis, lors du conseil de classe de chaque Terminale, sur chacun des 10 vœux possibles pour chaque élève allongera considérablement le déroulement de ces derniers et, par conséquent, le temps de travail des PLP. Cette décision risque fort de ne pas pouvoir se mettre en place dans les classes très chargées des filières tertiaires notamment ! Et comment émettre des avis sans connaître parfaitement les filières demandées ? Cette connaissance des filières du supérieur était pourtant l’apanage des COPsy qui ont été très malmenés ces dernières années. Pour le SNUEP-FSU, le nombre de conseiller-es d’orientation doit être augmenté fortement pour permettre un réel accompagnement des élèves dans la construction de leur orientation.

Et les places en STS ?

Cette réforme entend finalement contraindre les bachelier-es professionnel-les à s’inscrire en STS uniquement. Pourtant, seules 7000 places seront ouvertes sur 5 ans, soit 1400 places par an, à répartir sur l’ensemble de la centaine de département français… ce qui fait ½ section de STS par département et par an. Il faut multiplier par trois le nombre de places actuelles pour accueillir tou-tes les bachelier-es professionnel-les souhaitant poursuivre leurs études. Autrement, ceux-ci/celles-ci seront sans solution.

Pour le SNUEP-FSU, cette réforme de l’accès à l’enseignement supérieur va àcontre-courant d’une « valorisation de la voie professionnelle », slogan qui ne se traduit toujours pas en acte. Porter une ambition pour la voie professionnelle passe par un renforcement des moyens à l’université, par la création de places suffisantes en STS mais aussi, en amont, par des dédoublements de classes, des parcours en 4 ans et une remise à plat des modalités certificatives.

Postes au concours 2018

18 % de postes en moins pour la voie professionnelle… et le ministre parle encore de sa revalorisation !

Le couperet est tombé : pour réduire la crise de recrutement, le ministère de l’Éducation a donc décidé… de moins recruter dans la voie professionnelle !
En fermant certaines sections ou en réduisant le nombre de postes aux concours, le ministre pourra peut-être se prévaloir à la rentrée d’avoir réglé le problème de recrutement en faisant le plein aux CAPLP.  CQFD !
Mais le SNUEP-FSU ne laissera pas médiatiser ce tour de passe-passe !

Si le nombre de postes proposés reste stable au concours interne (315) et au troisième concours (10 en Maths-sciences uniquement), le concours externe du CAPLP voit une chute de 18 % du nombre de places : 1580 contre 1920 en 2017.
Le ministère avait annoncé vouloir ouvrir des postes en fonction des capacités de recrutement, c’est-à-dire du nombre de postes pourvus l’an dernier, mais il n’en est rien ! Ainsi, dans les disciplines où tous les postes offerts l’an dernier avaient été pourvus, le ministère offre moins de places en 2018.
Dans les disciplines déjà en difficulté, le message est clair : le ministère organise la pénurie d’enseignant-es. En Biotechnologies option Santé-Environnement, on passe de 242 postes en 2017 à 194 et il n’y aura pas de session pour l’examen réservé (où 100 postes étaient ouverts l’an dernier) alors même que le nombre de non-titulaires dans cette discipline est important.

Ces choix politiques confirment que le fameux slogan « valoriser la voie professionnelle » est un mensonge. Cette affirmation n’est pas viable sans un recrutement massif d’enseignant-es pour faire face aux besoins du terrain. Restreindre le nombre de postes ouverts aux concours est irresponsable !

Réduire le nombre de postes aux concours, c’est augmenter toujours plus le recours à la précarité, aux personnels contractuel-les moins rémunéré-es et bien souvent non formé-es. Avec 90 postes en moins ouverts à l’examen réservé (695 contre 785 l’an passé), des contractuel-les, réembauché-es tous les ans, ne pourront toujours pas être titularisé-es. Or ils/elles représentent 10 % des professeur-es en lycée professionnel. Valoriser la voie professionnelle, c’est aussi relancer un plan de titularisation.
Réduire le nombre de postes ouverts aux concours, c’est garantir à certaines classes l’absence d’enseignant-es à la rentrée prochaine !
Réduire le nombre de postes ouverts aux concours, c’est appauvrir une nouvelle fois le vivier de PLP déjà fragilisé par des années de sous-recrutements.
Est-ce cela le grand projet de valorisation de la voie professionnelle ? À moins qu’il ne s’agisse en réalité de vider la voie professionnelle sous statut scolaire !

Pour le SNUEP-FSU, il est indispensable et urgent de prendre le problème à la source et de lancer une réflexion sur les moyens, tels que les pré-recrutements, à mettre en œuvre pour réduire la crise de recrutement. Il est urgent aussi de s’attaquer au grand dossier des conditions de travail et de la valorisation salariale des personnels : conditions indispensables pour rendre à nouveau nos métiers attractifs !

La formation professionnelle initiale doit rester scolaire et nationale – SNUEP-FSU

Le gouvernement vient d’ouvrir ce qu’il veut bien appeler des consultations et des concertations à propos de la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Il apparaît d’ores et déjà que, l’enseignement professionnel public se voit de nouveau menacé par les propositions conjointes des Régions de France et des branches professionnelles qui souhaitent obtenir  obtenir le pilotage et la gouvernance de la formation professionnelle dont l’enseignement professionnel public.

Transférer l’ensemble des compétences en matière de formation professionnelle initiale aux régions ou aux branches professionnelles reviendrait à abandonner l’ambition d’une scolarisation commune pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans. Ce serait développer des mécanismes strictement utilitaristes et à court terme en réduisant l’offre des formations à celles répondant aux besoins immédiats des entreprises d’un territoire.

Soumettre la formation professionnelle des futurs ouvrier-es et salarié-es aux seuls besoins des entreprises locales, c’est remettre en cause la formation pleine et entière que propose l’enseignement professionnel public, où savoirs généraux et professionnels participent d’une acquisition des savoir-faire des métiers, préparent les élèves aux poursuites d’études et à la vie citoyenne. C’est aussi mettre fin à l’unité et au caractère national des diplômes au profit de simples certifications professionnelles, validées par ces fragments de diplômes que sont les blocs de compétences, qui entraveront l’insertion professionnelle et précariseront encore davantage les jeunes sur l’ensemble du territoire. C’est enfin, aussi remettre en cause le statut de fonctionnaire d’État des professeur-es de lycée professionnel.

Le projet d’une formation professionnelle pilotée et gérée par les Régions ou par les branches professionnelles est celui d’un service de formation à deux vitesses. Le ministère de l’Éducation nationale, en voulant transformer la voie professionnelle scolaire à l’aune de la réforme de l’apprentissage, entérine cette vision. En dissociant la voie professionnelle de la concertation sur le bac, il va plus loin.

Le SNUEP-FSU rappelle son attachement à l’égale dignité des trois voies du lycée (générale, technologique et professionnelle). La formation de l’ensemble des jeunes doit relever des prérogatives de l’état et des ministères chargés de l’éducation.

Le SNUEP-FSU combattra ces propositions qui, si elles étaient mises en œuvre, signeraient un recul sans précédent en termes de projet de société, d’égalité et de démocratisation scolaire.

Le SNUEP-FSU condamne fermement les projets de fusion entre LP et CFA et dénonce les politiques régionales allant dans ce sens. Le SNUEP-FSU réaffirme que l’apprentissage n’est pas la solution au problème du chômage des jeunes.

Face à ces projets de régression sociale, le SNUEP-FSU réaffirme sa détermination à défendre la voie professionnelle initiale sous statut scolaire, seule à même d’articuler l’enseignement d’un métier et celui d’une culture commune émancipatrice.

Source : La formation professionnelle initiale doit rester scolaire et nationale – SNUEP-FSU