Archives de catégorie : Questions educatives

Etats généraux des SEGPA

Suite aux états généraux des SEGPA organisés en académie puis au niveau national début janvier par certains syndicats de la FSU (SNES-FSU, SNUEP-FSU, SNEP-FSU, SNPI-FSU et SNUipp-FSU) l’appel ci-dessous est lancé.

 

APPEL FSU

Les SEGPA pour la réussite de toutes et tous

Un enjeu d’égalité

Les personnels exerçant en Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté, réunis en états généraux organisés par les syndicats de la FSU, lancent un appel pour l’amélioration de la qualité du service d’éducation d’enseignement adapté sur tout le territoire.

La SEGPA est un outil efficace contre l’échec scolaire, elle produit des parcours de réussite, notamment vers la voie professionnelle, et permet de lutter efficacement contre le décrochage scolaire en s’appuyant sur des pédagogies positives et exigeantes du « toutes et tous capable ».

Ne sacrifions pas les élèves qui ont besoin des structures actuelles. Les critères d’affectations dans les structures de l’enseignement adapté doivent être harmonisés nationalement.

La SEGPA est une voie de réussite pour de nombreux élèves. Elle permet d’accéder à des formations qualifiantes et d’obtenir des diplômes. Elle contribue à la démocratisation scolaire.

Les personnels exerçant dans ces structures jouent un rôle essentiel dans la formation des futurs citoyens et citoyennes, dans leur émancipation et dans leur insertion sociale et professionnelle.

La circulaire d’octobre 2015 sur les SEGPA n’a pas permis d’améliorer les conditions d’exercice et d’accueil des élèves dans ces structures.

Les conditions d’étude des élèves et de travail des enseignants se sont dégradées ainsi que la qualité de la formation initiale et continue. Le revenu des enseignant-es spécialisé-es a baissé.

La mise en place de mesures hors du cadre règlementaire, souvent imposées aux équipes, génère une réelle remise en cause des fondements de l’enseignement adapté, aux dépens des élèves accueillis.

La qualité de cette structure dépend des moyens qui lui sont consacrés : des enseignantes et enseignants formés, des temps de concertation, des groupes classes respectés, des plateaux techniques de qualité, une individualisation des parcours en cohérence avec la dynamique collective des classes de SEGPA, l’innovation pédagogique et la pédagogie de projet.

Respectons les élèves, visons leur qualification et leur réussite.

 Pour que le métier d’enseignant-e en structure adaptée reste attractif, l’État doit former tous les personnels exerçant en SEGPA et revaloriser les fonctions d’enseignants-es spécialisés-es qui ont une expertise professionnelle de qualité pour traiter les problématiques de grande difficulté scolaire. Laissons-leur la main.

Avec la FSU, le SNES-FSU, le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU, le SNPI-FSU et le SNUipp-FSU soutiennent les personnels des SEGPA qui permettent à des élèves en situation de grande difficulté scolaire d’obtenir une qualification. Ils continueront d’agir de façon offensive pour l’enseignement adapté.

 

 

 

“Valoriser les lycées professionnels” ce n’est pas développer l’apprentissage dans les EPLE !

“Valoriser les lycées professionnels”,  ce n’est pas développer l’apprentissage dans les EPLE !

 

Le bureau national du SNUEP-FSU dénonce avec force les projets d’Emmanuel Macron qui constituent une attaque frontale contre l’enseignement professionnel public, en voulant le placer sous la tutelle du patronat.

Son objectif de faire de l’apprentissage « le cœur de l’enseignement professionnel » entraînera une dégradation majeure des conditions d’études des jeunes de la voie professionnelle et des conditions d’enseignement des professeur-e-s de lycée professionnel.

Dans notre région Occitanie, ceci se confirme de manière officielle par la convention-cadre entre les académies de Montpellier et Toulouse et le conseil régional d’Occitanie.

Pour élever le niveau de qualification des jeunes  et adapter l’offre de formation aux besoins du territoire, il est clairement indiqué dans la convention, pour  la période 2018-2021,  de développer des parcours mixtes offerts dans les établissements  scolaires.                    (cf article 4.1. L’offre de formation professionnelle initiale page 6), sur le lien : http://www.regions-et-formation.fr/far/documents/far/convention_cadre_entre_l___academie_de_montpellier___l___academie_de_toulouse__et_le_conseil_regional_languedoc_roussillon_midi_pyrenees_2016-09-09.pdf

 

Nos inquiétudes vis à vis de cette officialisation de l’apprentissage dans les EPLE  :

 * Des financements et rémunérations différents :

Un des premiers enjeux est celui du statut des personnels intervenants dans les sections d’apprenti-e-s. Les UFA (Unité de Formation d’Apprenti.e.s) dépendent d’un CFA public autonome financièrement  qui récupère la taxe d’apprentissage et les subventions de la Région. Actuellement, les personnels qui y sont employés sont de contractuels de droit privé .

Lorsqu’un enseignant-e- titulaire intervient dans des UFA ou dans un CFA académique il/elle doit soit être recruté-e- sur un poste gagé, ce qui revient à le détacher sur le CFA, soit être rémunéré-e- en heures supplémentaires payées directement par le CFA.  Financer un poste gagé coûte cher d’où la volonté de mixer les publics.

* Des obligations de service opposées !

Les personnels qui interviennent dans un CFA ont un horaire annualisé de 35 h, comme les personnels du secteur privé.                        Avec deux obligations horaires différentes. Il est difficile de discerner ce qui est considéré comme une HS de ce qui relève des obligations de service stricte.

Exemple d’un collègue effectuant 15h en LP en formation professionnelle initiale publique et 4 h sur une UFA du même LP qui dépend du CFA : le collègue aura comme obligation de service 15h hebdomadaire en initial et 8h (4×2) pour l’UFA et sans aucune rémunération d’HS !

* Le contournement des questions de statut par le développement du mixage des publics

Mixer des publics permet au ministère de ne pas financer l’UFA tout en profitant des financements de la formation initiale qui accueille les apprenti-e-s. Ce faisant le ministère règle la question du statut et de la rémunération des personnels puisque ceux-ci sont rémunérés comme d’habitude. Ainsi l’enseignant-e, qui se verra imposer l’accueil de publics mixés ne verra pas sa rémunération augmenter malgré la pénibilité de ses conditions de travail.

PLUS QUE JAMAIS RESTONS VIGILANTS SUR L ES OUVERTURES DE CES SECTIONS DANS NOS ETABLISSEMENTS, QUI DOIVENT ETRE VOTÉES EN CA. La menace brandie par le président de la République de supprimer la taxe d’apprentissage à tous les établissements qui ne développeraient pas de sections d’apprentissage relève du chantage et augure mal du respect du dialogue social à venir.

NOUS NE SOMMES PAS CONTRE L’APPRENTISSAGE EN TANT QUE TEL.  L’apprentissage convient à certains profils d’élèves, notamment les plus âgés qui, après avoir acquis de solides compétences professionnelles, cherchent à s’émanciper du système scolaire et aspirent à s’engager dans la vie active.

MAIS L’APPRENTISSAGE NE PEUT DEVENIR LA VOIE DE FORMATION PROFESSIONNELLE PRIVILÉGIÉE COMME LE CLAME HAUT ET FORT LA POLITIQUE ACTUELLE.

Le “plan étudiant” : une sélection qui ne dit pas son nom

Après un temps de concertation discutable auquel a participé le SNUEP-FSU, un document a été présenté par le MEN « plan étudiant : accompagner chacun vers la réussite ».

Le constat était explicite : le taux de réussite des élèves issus du bac pro préparant une licence est de 2%. Par ailleurs, les bacheliers professionnels sont insuffisamment représentés en Section de Technicien Supérieur (STS), alors même que ce vœu est le plus plébiscité par nos élèves (60 % des demandes). Malgré la mise en place de quotas en 2013, les bacheliers professionnels représentent à peine 18 % des effectifs en STS. Cela conduit ces étudiants refusés en STS à choisir par défaut l’université. Cette poursuite d’étude non choisie est une des raisons des échecs importants en licence. Ce ne sont pas les 7 000 places supplémentaires en STS (soit 1 400 par an à répartir sur la centaine de département français… Au final 1/2 section par an et par département) qui seront proposées sur les cinq ans à venir qui régleront le problème…

Dans la précipitation et sans qu’aucun budget ne soit décidé dans la loi de finance, le plan étudiant prévoit, afin d’accompagner l’orientation des élèves : la nomination d’un second professeur principal en terminale, et la mise en place de deux semaines de travail sur ce sujet  (en novembre-décembre puis au second trimestre). Sous quelle forme ? Aucune précision sur ce point, l’autonomie des établissements y palliera et chacun les organisera au milieu des CCF et des PFMP de terminale. Cela impactera encore davantage les apprentissages disciplinaires déjà mis à mal par la perte de la quatrième année de bac pro et par l’augmentation du nombre d’épreuves certificatives .

Le plan instaure l’obligation d’informer les jeunes sur les attendus (pré-requis…), la réussite et l’insertion des diplômé-es de la filière choisie. Ainsi, l’idée générale est de dissuader les élèves issu-es de la Voie Professionnelle de s’inscrire ailleurs que dans une section de technicien supérieur. Le plan prévoit également soit des MOOC (remise à niveau) avant l’entrée en université, mais elles ne sont pas adaptées à nos bacs pro, soit une année supplémentaire de licence. Pourquoi, dans ce cas, ne pas ré-instaurer le parcours du bac pro en 4 ans   au lieu de devoir rattraper cette année perdue… en post-bac !

 

Pour le SNUEP-FSU, cette réforme de l’accès à l’enseignement supérieur va à contre-courant d’une « valorisation de la voie professionnelle », slogan qui ne se traduit toujours pas en acte. Porter une ambition pour la voie professionnelle passe par un renforcement des moyens à l’université, par la création de places suffisantes en STS mais aussi, en amont, par des dédoublements de classes, des parcours en 4 ans et une remise à plat des modalités certificatives.

ProFan ou la profanation de nos diplômes et de nos formations

“ProFan, une expérimentation nationale menée à marche forcée dans nos lycées”.  L’expérience de Lézignan-Corbières

Annoncée en juin 2017 dans nos établissements, l’expérimentation ProFan a connu des débuts difficiles au cours de ce premier trimestre.

ProFan, Quésaco ?

Dans la présentation émanant du Ministère de l’Education nationale, cette expérimentation s’inscrit dans le cadre de l’action “Innovation numérique pour l’excellence éducative” et “se donne pour ambition de promouvoir […] de nouveaux contextes d’apprentissage et d’enseignement afin de […] répondre aux exigences des métiers du futur”.

Il faut lire et relire la plaquette de présentation pour saisir l’ampleur de cette expérimentation lancée dans 80 lycées de 10 régions volontaires.

Cette expérimentation, dotée de 15 millions d’€, est menée au niveau de “filières représentatives des secteurs d’activités touchés par les transformations organisationnelles induites par le numérique” : “Accompagnement, Soins et Services à la Personne” (ASSP), “Service de Proximité et Vie Locale” (SPVL), les métiers de l’électricité et du commerce.

Dans les faits l’ambition affichée nous apparait bien loin dans la réalisation dans nos établissements.

Le calendrier établi en amont n’a pas été articulé avec les intéressé.e.s. En effet, la formation des acteurs de terrain était prévue de septembre 2016 à septembre 2017.

Or ces dernier.e.s n’ont été contacté.e.s par leurs conseils d’administration qu’en juin 2017 ; puis en septembre, l’information donnée par le rectorat n’a pas répondu aux interrogations sur le déploiement de ProFan dans les établissements et n’a pas permis aux enseignant.e.s des sections ASSP et commerce-vente de Lézignan d’intégrer les outils numériques, les « capsules », dans leur progression de début d’année.

Mi-novembre, arrivée de la première capsule, les enseignant.e.s doivent l’intégrer au plus tard fin janvier, au détriment de la préparation des épreuves certificatives et alors que certaines connaissances transversales n’ont pas été abordées.                         Cette organisation a également entraîné la perte de certains lieux de PFMP négociés en juin.

Les concepteurs se sont-ils posés des questions quant aux conséquences sur le fonctionnement de nos établissements ?

Les premiers concernés, élèves et enseignant.e.s n’ont pas ou peu été consultés, or une expérimentation réussie demande un temps d’information, de formation afin d’obtenir l’adhésion des acteurs.

Le calendrier de ProFan conditionne progressions pédagogiques et périodes d’alternance, il contraint des personnels qui ne peuvent refuser  l’expérimentation sous peine d’être sanctionné.e.s ou menacé.e.s de suites négatives sur leur carrière.

Qu’en est-il de la liberté pédagogique par laquelle l’enseignant élabore sa conception pédagogique et didactique, dans une démarche de qualité et de réussite de ses élèves ?

Quel versement aux établissements, pour quels moyens ? Quelle rétribution, sous quelle forme pour les enseignants ? alors qu’une indemnisation financière est prévue dans le cahier des charges.

Après une année de préparation par chercheur.e.s et hauts fonctionnaires, après trois mois de déploiement de l’expérimentation, déception et incompréhension sont les sentiments dominants. A-t-on oublié l’essentiel dans l’acte d’enseigner, l’humain et les premiers intéressé.e.s : lycéens et enseignants ?

ProFan ou la profanation de nos diplômes et de nos formations !